Un premier tronçon de la voie étroite vers Redon fut achevé, de Rennes à Plélan, en 1898 par les T.I.V.
Puis il fut prolongé de Plélan à Redon, par Guer, en 1913.
Cette ligne est la seule des tramways d’Ille-et-Vilaine qui quitte le département sur une partie de son parcours.
Après Paimpont, elle le longe du nord au sud avant d’y revenir quelques kilomètres avant Redon.
Cette voie de Rennes à Redon disparaitra en 1937.
Seul le tronçon de Rennes à Plélan continuera à fonctionner pendant la guerre, et durera jusqu’en 1948.
Le Petit train
Petit train, tramway, tacot... l’appellation varie mais recouvre la même réalité : Treffendel avait son train et sa gare.
L’affaire fut, cependant, longuement et âprement discutée : proposée au Conseil Général dès 1883 et, sans cesse, relancée, Rennes-Plélan sera, finalement, sera, finalement, ouverte le 28 août 1898. La jonction avec Guer ne verra le jour qu’en 1913.
C’était une V.F.I.L. (Voie Ferrée d’Intérêt Local) exploitée par les T.I.V. (Tramways d’Ille-et-Vilaine). Pendant 50 ans, elle va jouer un rôle économique indéniable, permettant aux ruraux de la région d’écouler leurs produits vers Rennes, desservant, également, les Forges de Paimpont (bois et métaux), et, plus tard, les militaires de Coëtquidan.
Les fermières s’en allaient au marché des Lices le samedi, emportant un maximum de beurres, oeufs, légumes, fleurs, volailles.... Au retour, quels caquetages, mesdames !
Le petit train roulait sur une voie étroite (60 cm d’écartement entre les rails) qui longeait souvent la route... mais s’aventurait, parfois,en pleine nature, à travers champs.
Les stations étaient rapprochées : La Chevallerais, La Poulnais, Cossinade, Le Rheu... De Treffendel-gare à Rennes (Croix de la Mission), il fallait compter une bonne heure et demie.
En 1924, on avait le choix entre 3 aller-retours pour Rennes. Il existait, aussi, des trains de marchandises dans lesquels les cultivateurs chargeaient des fûts de cidre, des pommes, ... Les négociants de la gare de Treffendel recevaient des engrais et autres produits qu’ils devaient décharger dans les deux jours.
Pendant la guerre 39-45, le soir, un train spécial ravitaillait Coëtquidan. Au retour, les employés s’arrêtaient au café Gernigon (actuellement restaurant RN24) pour y déguster un bon casse-croûte. Les responsables annonçaient : "Arrêt petit banquet à la gare de Treffendel !". Tôt le matin, lorsque le tramway se dirigeait vers Guer, nos cheminots faisaient signe aux serveuses de la même auberge qui s’empressaient de leur servir un café bien chaud et un verre d’eau-de-vie.
La locomotive roulait au charbon anthracite : un conducteur dirigeait les manoeuvres, un ouvrier se chargeait d’alimenter la motrice en charbon et le contrôleur vérifiait si les passagers possédaient bien leur titre de transport vendu au guichet de chaque gare.
Lorsque le tramway était surchargé, il arrivait que dans les côtes, comme celle de la Poulnais, les voyageurs descendaient pour alléger le convoi... et pousser, éventuellement, le tacot en perte de vitesse ou à bout de souffle !
Lors de la mise en service d’une agence postale, à Treffendel, le 1er avril 1913, le train qui acheminait le courrier jusqu’à Plélan le déposait à la gare. Cela évita au facteur de se rendre chaque matin à pied au chef-lieu de canton et lui permet de distribuer son courrier dans de meilleures conditions.
Un dimanche, en 1940, à la Crosse d’Or, le train heurta la voiture de M. et Mme Marchand, qui n’avait pas eu le temps de dégager la voie. Le cheval fut tué, mais , fort heureusement, ses propriétaires en furent quittes pour la peur.
Le 31 août 1948, la ligne Rennes-Guer fut, définitivement, fermée. Plus rapides, les autocars remplacèrent le petit train. Mais, avaient-ils le même confort ? Savez-vous que les voitures étaient chauffées par de petits réservoirs que les employés remplissaient d’eau chaude et que l’on glissait sous les banquettes ? Il est vrai que ces bouillottes ne chauffaient que les pieds !... pendant une durée déterminée.
Adieu, cher vieux tacot !
Extrait du livret "Treffendel Au Passé Simple - Mars 1996"
Après sa carrière entre Rennes et Guer, le petit train est parti à Madagascar.
